De Lattre Maréchal de France

Prix: 5 €
Référence : 08547
De Lattre Maréchal de France
De Lattre Maréchal de France

Auteur : Droit Michel

Editions : Pierre Horay

01/1952

Edition originale

Informations complémentaires

Genre

Type de couverture

Broché

Nombre de pages

156

Dimensions

14 x 19.5 x 1.4 cm

Poids

170 gr

Etat

07/10

Remarques sur l'ouvrage

Etat d'usage, papier légèrement jauni, coins et charnières frottés, plis de lecture

Resumé - Extrait

Qu'un   MÊME   VILLAGE   DE   VENDÉE AIT vu naître, à moins de cinquante ans d'intervalle, Georges Clemenceau et Jean de Lattre de Tassigny, compose une histoire suffisamment belle pour qu'on n'y ajoute rien.

Peut-être eut-on aimé imaginer une rencontre, dans les rues pierreuses de Mouilleron, entre l'homme qui devenait Tigre et l'enfant de dix ans qui serait un jour Maréchal de France. Mais les faits sont là : le Capitaine de Lattre ne fut présenté à Georges Clemenceau qu'en 1920 seulement.

Le Tigre mesura et apprécia très vite les exceptionnelles qualités de celui qui allait devenir son plus illustre compatriote. A la fin de son existence, il en fit même l'un des rares confidents admis à venir le voir dans sa retraite. Et lui qui avait toujours manifesté pour l'armée une méfiance systématique, inscrivit dans ses dernières volontés : « Je ne veux à mes obsèques d'aucun militaire, sauf le Commandant Jean de Lattre de Tassigny. »

Les Clémenceau et les de Lattre de Tassigny n'étaient cependant guère nés pour entretenir entre eux les relations de la cordialité. Dans une Vendée religieusement fidèle à ses martyrs, dans son village même, Clémenceau, le « bleu», était moins qu'un autre prophète. Les de Lattre de Tassigny, de Cassiny, de Relicourt, du Sausois et autres lieux — ainsi qu'en faisaient foi les annales du XIVe siècle — bien que Poitevins, depuis deux générations, et non Vendéens, avaient au contraire été si vite adoptés par Mouilleron que ses villageois allaient en 1910 faire de Roger de Lattre leur maire.

Lorsque celui-ci, pourtant, natif de Châtellerault, eut épousé Anne-Marie Hénault, fille de bourgeois propriétaires à Mouilleron, les siens prononcèrent-ils tout bas, et même parfois plus haut, le mot de mésalliance ? En 1830, Laurent de Lattre, page de la duchesse d'Angoulême, avait été l'un des trente fidèles à suivre Charles X en exil. Si l'on remontait plus haut dans l'arbre généalogique de la famille, on trouvait un Antoine de Lattre, chasseur noble, tué en 1792, à l'armée de Condé ; puis vers la fin du xvie siècle, un Louis-Henri de Lattre, chevalier de Saint Louis, capitaine aux grenadiers du régiment de Lorraine-infanterie ; un Jean de Lattre, au début du même siècle, homme d'armes des ordonnances du roi, dans la compagnie du Comte de Vendôme ; enfin de hauts magistrats civils.

M. Hénault, maire de Mouilleron, fit sans peine agréer ce gendre au sang noble, à qui il devait un jour léguer sa charge municipale. On murmurait en Vendée que les Hénault étaient d'origine « bleue». Le mariage d'Anne-Marie imposa silence à ces bruits et M. Hénault, fermant une fois sa mairie au sénateur radical Georges Clémenceau gagna, du même coup, de nouvelles amitiés.

Jean-Marie-Gabriel de Lattre de Tassigny naquit le 2 février 1889. Il vint au monde coiffé, c'est-à-dire ayant sur la tête une légère membrane qui fit dire au village entier, selon une vieille croyance populaire, qu'il était né sous une étoile particulièrement heureuse.

Dès ses toutes premières années, Jean de Lattre se révéla débordant d'énergie et de vitalité, turbulent, batailleur, presque enfant terrible. Il n'avait pas dix ans que, deux fois déjà il avait failli se noyer, manqué de se rompre le cou en montant à cheval et brisé la patience de ses deux premières nurses, une Prussienne et une Bavaroise, qui tentaient de lui enseigner la langue allemande, tandis qu'un Père missionnaire du séminaire de St-Sauveur lui apprenait l'anglais.

L'idée même d'embrasser une autre carrière que celle des armes ne l'effleura jamais. Tout dans ses traditions familiales l'y poussait et son tempérament déjà profondément marqué, davantage encore. Propriétaire terrien, son père était bien entendu officier de réserve, et le petit Jean aimait à contempler la photographie coloriée à la main qui représentait celui-ci en lieutenant de hussards à Tours. Mais au contraire de tous ses ancêtres terriens, Jean de Lattre, lui, serait marin…



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