Fauquebois

Prix: 15 €
Référence : 09195
Fauquebois
Fauquebois

Auteur : Nothomb Pierre

Editions : Rex

1934

Collections :

N° 17

Informations complémentaires

Genre

Type de couverture

Broché

Nombre de pages

214

Dimensions

13 x 21.5 x 1.5 cm

Poids

230 gr

Etat

09/10

Remarques sur l'ouvrage

Etat d'usage, papier légèrement jauni

Resumé - Extrait

« Je vous préviens que noua n'avons pas un déjeuner à queue », avait annoncé Mme Vannaire en terminant le Benedicite. Et, en effet, après un quart d'heure, on se levait de table et toute la volière s'envolait. — « Octave, dit M. Vannaire, voulez-vous voir si la vigilante est attelée ? » On appelait ainsi la large et profonde voiture où la famille pouvait se caser au complet, et qui ne servait guère que le dimanche, quand on allait à travers bois, à l'abbaye. Octave entra dans la cour carrée, ouverte d'un côté vers le jardin, et pressa le vieux Pieke, encore en sabots, qui languissait à l'ouvrage. — « Allons, dépêche-toi ! le convoi passe à Sichem à deux heures ! » Pieke parut peu ému de la nouvelle, et, décrochant le harnais pendu au mur, demanda : « Monsieur Oc­tave vient-il avec nous ? — Comment donc ! Seulement, j'enfourche Henri IV et je trotte aux portières. » Henri IV n'était autre que le bai brun d'Oc­tave, trois chevaux ayant déjà porté avant lui, à Fauquebois, le nom d'Henri. « Va ! ne traîne pas, je vais le seller moi-même. »

Octave, revenu l avant-veille de Louvain avec son premier diplôme, était maintenant un homme. Cette année d'université l'avait transformé. Il était grand et mince, et d'une rare et virile beauté, avec pourtant dans les yeux une flamme très douce. Tout fier de lui, le vieux Pieke regardait aller celui qu'il avait vu grandir au milieu de ses propres enfants, dans ce petit domaine des bois, son fréquent compagnon des labourages, des charrois et des battues, son futur maître — car M. Vannaire, s'il paraissait solide, avait une inquiétante maladie de coeur. — « Vraiment, se disait-il, chaque fois que M. Octave reparaît à la maison, c'est une nouvelle joie !» Et il poursuivait son travail avec une imperturbable lenteur.

Mme Vannaire, à la porte du salon, s'agitait. « Ne viendront-elles pas ?» Et de son ombrelle grise elle faisait signe à Ernestine, qui bondissait là-bas, près du pont, d'arriver. — « Dépêche-toi, Sauterelle, on n'attend que toi. — Et les autres ? dit Ernestine, riant de la voir seule, je vais mettre mon chapeau. — Oui, et dis à ces bavardes de descendre au plus vite ! »

La viligante s'avançait, cubique et bombée sur ses ressorts trop hauts. Pieke, surmonté d'un chapeau-buse de la Restauration caressait du bout de son long fouet, Claro et Clairette, les deux solides Normands qui servaient aux champs, au bois, aux courses de ménage à Diest, et parfois aux visites de Mme Vannaire et de ses filles. — « Etes-vous là, Jean-Pierre ? cette jeunesse se presse pas fort ! montez toujours ! »



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