Héros sans gloire

Prix: 20 €
Référence : 12802
Héros sans glore
Héros sans glore

Auteur : Hans A

Editions : Opdebeek L

1928

Informations complémentaires

Illustré par :

Genre

Type de couverture

Broché

Nombre de pages

63

Dimensions

16 x 24.5 x 1 cm

Poids

160 gr

Etat

07/10

Remarques sur l'ouvrage

Etat d'usage, coins cassés, dos croqué

Resumé - Extrait

Esseulé, presque masqué au reste du monde, le petit village de pêcheurs reposait là, derrière les dunes.

Le phare gris — au vrai, c'était la tour d'une église ensevelie sous le sable — ressemblait à un formidable géant auprès des cabanes, éparpillées çà et là, sans ordre, mais d'autant plus pittoresque, parmi les blanches collines de sable mouvant.

Ce sable, par les grands vents, pénétrait par les interstices des habitations, menaçait tous les jours les petits enclos des pêcheurs; il enfouissait parfois les maigres récoltes sous un linceul, effaçant les sentiers et dissimulant aussi, là-bas, les tertres verts du petit cimetière.

L'été, on voyait arriver quelque étranger, un original qui, chaussettes et souliers sur le dos, barbotait dans la mer et s'asseyait ensuite au sommet des dunes, les yeux fixés sur la nappe d'eau; là il griffonnait à l'aide d'un crayon dans un livre.

Même, un jour, il en était venu un qui offrit une pièce de monnaie à la fille d'un pêcheur pour qu'elle acceptât de se tenir un quart d'heure tranquille devant lui, mais celle-ci, tout intimidée, avait pris la fuite avec frayeur. Son père était venu; il avait conseillé à l'étranger de renoncer ici à toutes ses lubies. Le maître d'école avait alors raconté que cet homme était un « artiste », peintre ou sculpteur...

Mais les pêcheurs ignoraient ce qu'était un artiste et ne dési­raient pas le savoir. Tout ce qui était étranger, ils le considéraient comme ennemi, comme menaçant de troubler leur vie quiète et libre...

Il est vrai que le maître d'école parlait bien aussi parfois de cités balnéaires et affirmait que les gens de son village pourraient gagner beaucoup d'argent si le conseil communal savait s'y prendre...

Hôtels peuplés de baigneurs bruyants et affairés, villas pour des étrangers qui se rendraient maîtres du village, cabines de bain, tentes, chaises-longues sur la plage... non, les pêcheurs ne voulaient pas en entendre parler et déclaraient « que tous ces paresseux n'avaient qu'à rester où ils étaient; mais qu'ils ne devaient pas s'aviser de venir mettre le patelin sens dessus dessous. »

Puis, comme le conseil communal était composé de pêcheurs, il y avait pour l'instant peu de chance de voir naître une station balnéaire autour du vieux phare.

A quoi bon, d'ailleurs ?...



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